Ce 27 aout 2008 je travaillais de 5h30 à 13h30. Je rentre du travail, je vois Maxime sur l'ordi et comme d'habitude, je lui demande "Elle est où Amandine?" et comme d'habitude il me répond "Je ne sais pas".
Ensuite je me prépare pour aller à un entretien à 15h.
J'arrive à l'entreprise, je patiente dans le couloir et là je vois les motards passés en direction de Mayenne(je n'ai su qu'après qu'il t'apportait du sang)
Mon entretien c'est bien passé, je suis contente, je regarde mon portable et je vois 1 appel en absence de papa. Je le rappel, il ne décroche pas, je rentre à la maison. Sur la route il me rappelle en me disant de rentrer à la maison "Il nous arrive un malheur Sabrina" voilà ce qu'il m'a dit.
J'ouvre la porte de la cuisine, je vois un mot de Maxime disant qu'il était au hand (Je l'avais croisé dans le lotissement avec Florian et sa mère en voiture)
J'appelle Maxime, Papa, Amandine, je me demande ce qu'il se passe, je fais les 100 pas, je vais dans la chambre à Amandine et je commence à sentir les larmes montées, une idée me traverse la tête mais c'est pas possible.... Je me calme.
Je sors fumer une clope, je rappelle Maxime, il décroche, il est muet et tout à coup j'entends la voix de la mère à Florian me dire mot à mot "Ce que ton frère n'arrive pas à te dire c est que ta petite s½ur est décédée", je m'effondre, je raccroche.
J'entends la voiture à papa arriver, je vais vers lui, il me prend dans ses bras, je hurle, je dis que c'est impossible, que sa ne peut pas être elle, que c'est pas possible, pas elle, pas Amandine, je veux la voir... Je veux la voir tout de suite. Je regarde maman derrière, perdu... Je me calme, je ne dis plus rien, je ne veux qu'une seule chose c'est te voir !
Nous sommes allé là bas, j'avais toujours espoir de te revoir, jusqu'au moment où la secrétaire appelle la gendarmerie "juste pour avoir le certificat de décès", j'étais en colère, "Juste un certificat de décès" , c'est juste le papier qui dit que l'on ne te reverra plus jamais vivante.
Ensuite, nous sommes rentré à la maison, il fallait que l'on te rapporte des vêtements, quelque chose de perso si on le voulait, et là, je ne savais plus rien, quelle dernière tenue allais tu porter? Quel dernier objet je pourrais te donner? Qu'est ce que tu aurais aimé que je te donne?
Nous sommes allé porté tes vêtements, on nous a dit que exceptionnellement ils allaient se dépêcher afin que l'on puisse te voir le soir même.
Le soir à 20h, nous sommes allés te voir Amandine, j'étais la première à te voir en poussant la porte mais je ne suis pas entré de suite, j'ai eu peur, j'avais les jambes coupés, je ne tenais plus debout, j'ai vu la réalité et elle m'a faite tombée. Papa et maman sont entrés, ils t'ont embrassés, je suis rentrée derrière eux, j'avais peur Amandine, tu étais si pâle, nous étions tous autour de toi mais tu ne bougeais pas. Tu dormais, le visage calme et serein, tu restais belle (comme toujours "ptite pétasse" )
Le lendemain matin, je me suis réveillée tôt, je suis allée dans ta chambre, je ne pouvais pas croire que tu ne sois pas là...
Pour toi aussi cette journée était ordinaire, ton lit était fait avec ton pyjama sous ton oreiller, ton sèche cheveux sur ta chaise de bureau, ton fer à lisser sur ton lit, ta corbeille de linge à moitié pleine... Une journée qui te semblait ordinaire et qui a pourtant été la dernière de ta vie... Personne n'aurait jamais imaginé sa...
Et dire que tu venais d'avoir 14 ans le 14 aout 2008, que tu avais toute ta vie devant toi, avec nous.
Sabrina, ta s½ur à qui tu manques énormément, qui pense sans arrêt à toi, qui t'aime
Cette journée était horrible et le pire c'est qu'on s'en rappellera toujours, cette journée a changé nos vies.
Je ne serais plus jamais la même, je ne vois plus les choses comme avant, pas dans le sens où je vais profiter de la vie maintenant mais plûtot que j'aurais dû en profiter avant, maintenant c'est trop tard, j'aurais toujours ce manque de toi, toujours la pensée pour toi à chaque fois que je passe une étape de la vie, et tu n'es pas là, pour la vivre avec moi.
Dans la nuit de mardi à mercredi, j'ai fais un cauchemar, dans mon cauchemar, tu venais de décéder, je me suis réveillée tout de suite! Pendant une seconde j'ai cru que ce n'était qu'un cauchemar, cette seconde m'a fait terriblement mal quand je me suis rendu compte que ce cauchemar était finalement la réalité.
Nous avons le même sang, tu couleras dans mes veines jusqu'au bout, je te ferais exister jusqu'au bout !Pourquoi avoir peur que les gens t'oublie?
J'aimerais que tu me dise que tu n'as pas eu peur, que tu n'as pas eu mal, que tu es bien là où tu es, que c est un monde merveilleux... Je n'en saurais jamais rien, le fait de penser que tu ai pu avoir peur une seconde, je ne le supporte pas. Je vais devoir continuer à avancer sans toi, ce n'est pas l'avenir que j'avais imaginer... Ce 27 aout 2008, le jour qui a fait de notre vie un cauchemar permanent dans le lequel on vit, on survit, on subit... Et avec des "si" on refait le monde, "et si Amandine était là...", Le 27 sera toujours associé à une journée noir!
Papa qui lui avait dit quand elle est parti "Tu fait attention Amandine!" et elle avait répondu "Oui oui papa" .